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Pour le site UnCoind’Atelier, dédié aux bijoux personnalisés artisanaux, j’ai été à la découverte d’un atelier de céramique situé en plein cœur de l’Andalousie, à Séville. Un peu en avance pour mon rendez-vous de 15h, j’en profite pour me désaltéré avec un café glacé (café con hielo), très courant ici et si bon quand il fait 35°C à l’ombre ! Si j’insiste sur la température, ce n’est pas seulement parce qu’elle me permet d’apprécier cette boisson si typique de l’Espagne, mais parce que, comme me l’expliquera plus tard Ilaria, c’est une donnée fondamentale dans la réalisation d’un bijou en céramique.
 
La voilà justement qui m’ouvre sa porte
 
Ilaria et Marica, deux italiennes venues travailler la céramique à Séville.
Notre discussion s’entame par la ville. Ilaria m’explique que c’est l’excellence reconnue des ateliers de céramique andalous qui les a poussées, elle et Marica à quitter l’Italie pour venir s’installer il y a quelques années à Séville pour réaliser leur rêve : créer leur propre atelier de céramique.  Aujourd’hui ces deux anciennes architectes y conçoivent et réalisent des pièces de décoration intérieure et des bijoux. C’est tout le processus de réalisation d’un collier personnalisé en céramique que je suis venu voir aujourd’hui.
Séville, capitale du travail de la céramique

Un collier artisanal dont la fabrication commence par du modelage.
La première étape est le modelage des perles de céramique. Les perles sont formées une à une, à la main, ce qui permet même si leur forme est très simple, de leur donner du caractère. Cette irrégularité pourtant quasiment imperceptible participe beaucoup au charme de la céramique artisanale.
travail artisanal de la céramique
C’est quand Ilaria m’explique l’étape suivante, le séchage, que je commence à prendre conscience du temps nécessaire à la réalisation d’une pièce en céramique. En effet, avant de les passer au four, les perles doivent d’abord sécher pendant 48h, faute de quoi elles risqueraient d’exploser lors de la cuisson. 
perles de céramique au séchage avant passage au four
 
Le bijou passe au four une première fois.
 C’est la que l’on commence à parler de températures. Ainsi, pour cuire la céramique, la température du four doit atteindre 980°c et rester à cette température pendant 45 minutes. Il lui faut 4 ou 5 heures pour atteindre cette température. Mais pour refroidir, il lui faudra une journée et demie… parce qu’on est en été et qu’il fait 35°C dehors ! En hiver une journée aurait suffit pour refroidir le four.
 
Les couleurs et la personnalisation du bijou
Déjà 4 jours que l’on a commencé les perles et on est encore loin d’avoir personnalisé notre collier. En fait, c’est maintenant, avec la composition de l’émail, que l’on commence à parler de couleurs.
dosage des poudres pour faire l'émail
Après la lenteur du processus, ma deuxième grande surprise a été la complexité du travail de l’émail. En effet, à la différence du potier, le céramiste crée ses propres émaux. Il mélange différentes poudres (kaolin, quartz, pigments, oxydes) qui ne prendront leur couleur définitive qu’après la deuxième cuisson. Ce mélange, à l’aveugle, ne peut être réussi que grâce à une grande maîtrise des émaux et de nombreux essais préalables. Et ce n’est pas tout, la cuisson a elle aussi un impact sur les couleurs. Ainsi, pour des couleurs comme le rouge ou le orange, si on ouvre le four à 100°, l’émail devient noir. Il faut veiller à ce qu’il soit bien descendu en dessous des 50° avant d’ouvrir le four.
 
Les montage du collier et la personnalisation
C’est au moment du montage qu’a lieu la vraie personnalisation, c’est à dire le choix des couleurs en fonction de la demande du client. En découvrant le collier une fois monté, on se rend compte à quel point la céramique, cette matière peu utilisée en bijouterie, permet de créer un collier aux couleurs uniques, particulièrement lumineuses et vibrantes.
 
L’artisanat traditionnel au service d’un bijou contemporain
Ce qui me restera à l’esprit à la fin de cette journée, c’est ce choix délibéré de Ilaria et Marica de faire vivre des techniques artisanales traditionnelles, lentes et complexes en les mettant au service de la bijouterie contemporaine. Pour rester vivant, l’artisanat doit continuer à évoluer, pour être phase le monde d’aujourd’hui. Le travail que j’ai découvert dans cet atelier en est un exemple parfait !
collier avec perles de céramique